CSG sur les retraites en 2026 : taux, calcul et exonérations

La CSG sur les retraites n’a rien d’une ligne anodine sur votre relevé de pension. Pour des millions de retraités, elle représente plusieurs dizaines d’euros prélevés chaque mois, directement à la source, avant même que la somme n’arrive sur le compte bancaire. Comprendre son fonctionnement en 2026, c’est savoir si vous pouvez en être exonéré, quel taux vous concerne, et comment elle s’articule avec la CRDS et les autres prélèvements sociaux.

La mécanique est plus fine qu’elle n’y paraît : il n’existe pas un seul taux de CSG, mais cinq niveaux distincts selon vos revenus. Et le seuil qui vous place dans une case ou dans une autre change chaque année. Voici ce qui s’applique en 2026.

Qu’est-ce que la CSG et pourquoi les retraités la paient-ils ?

Origine et logique de la contribution

La Contribution Sociale Généralisée (CSG) a été créée en 1991 par Michel Rocard pour financer la Sécurité sociale sans passer par les cotisations patronales. L’idée de départ : élargir l’assiette de financement à tous les revenus, pas seulement les salaires. Les pensions de retraite, revenus de remplacement par définition, entrent donc dans ce périmètre.

Contrairement à l’impôt sur le revenu, la CSG est prélevée à la source par votre caisse de retraite. Pas de case à cocher, pas de régularisation l’année suivante — c’est automatique et quasi invisible, ce qui explique pourquoi beaucoup de retraités ne réalisent son poids réel qu’en épluchant leur bulletin de pension.

« La CSG finance aujourd’hui plus de 25 % des recettes de la Sécurité sociale. Sur les pensions de retraite, elle rapporte à elle seule plusieurs milliards d’euros par an à la protection sociale française. »

— Direction de la Sécurité sociale, rapport 2024

Revenus concernés par le prélèvement

La CSG s’applique aux pensions versées par les régimes de base (CNAV, MSA…) et par les régimes complémentaires (Agirc-Arrco, IRCANTEC, etc.). Les rentes viagères issues de contrats d’assurance-vie sont, elles, soumises à un régime différent — elles relèvent des revenus du capital, pas des revenus de remplacement.

  • Pensions de vieillesse de droit propre
  • Pensions de réversion
  • Pensions d’invalidité converties en retraite
  • Allocations de préretraite

⚠️ Les cinq taux de CSG applicables aux retraites en 2026

Le barème à cinq niveaux

Le taux applicable dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-2, c’est-à-dire celui figurant sur votre avis d’imposition 2024 (revenus 2023) pour l’application en 2026. Cinq situations existent :

Situation Taux CSG Part déductible
Exonération totale 0 %
Taux réduit 3,8 % Non déductible
Taux médian 6,6 % 4,2 % déductibles
Taux normal 8,3 % 5,9 % déductibles
Taux majoré (ESAT) Cas spécifique

Le taux à 8,3 % est le taux normal qui s’applique à la grande majorité des retraités dont les revenus dépassent les seuils d’exonération ou de taux réduit. C’est également le taux de référence quand on parle de CSG sur les salaires d’activité — une convergence voulue par le législateur.

Les seuils de revenus pour 2026

Les seuils sont revalorisés chaque année en fonction de l’évolution du barème de l’impôt sur le revenu. À titre indicatif, pour une personne seule, l’exonération totale en 2025 s’appliquait sous 12 230 € de RFR annuel. Pour 2026, ces seuils seront ajustés lors de la loi de finances — une revalorisation autour de 1,8 % est anticipée selon les projections budgétaires actuelles.

💡 Notre conseil

Vérifiez votre avis d’imposition 2024 (case RFR) dès maintenant. Si votre revenu fiscal de référence est proche d’un seuil, un don à une association ou un versement sur un PER peut réduire votre RFR et faire basculer votre taux de CSG vers le palier inférieur.

CSG et CRDS : deux prélèvements, une même logique

La CSG n’arrive jamais seule. La CRDS — Contribution au Remboursement de la Dette Sociale — s’y ajoute systématiquement au taux de 0,5 %, sans exception ni exonération (sauf pour les retraités totalement exonérés de CSG). Créée en 1996 pour résorber la dette de la Sécurité sociale, la CRDS devait initialement disparaître en 2009. Elle est toujours là.

S’y greffe parfois la Casa (Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie) à 0,3 %, prélevée sur les pensions des retraités imposables. Le cumul réel pour un retraité au taux normal : 8,3 % + 0,5 % + 0,3 % = 9,1 % de prélèvements sociaux sur la pension brute.

9,1 %

taux global de prélèvements sociaux (CSG + CRDS + Casa) pour un retraité imposable en 2026

🎯 Exonérations et cas particuliers

Qui est exonéré de CSG ?

L’exonération totale s’applique aux retraités dont le RFR est inférieur au premier seuil ET qui ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Attention : deux conditions cumulatives. Un retraité non imposable mais dont le RFR dépasse le seuil peut se retrouver au taux réduit de 3,8 %.

Sont également exonérés de CSG (et de CRDS) :

  • Les bénéficiaires de l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA)
  • Les titulaires de l’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI)
  • Les retraités résidant à l’étranger dans certains pays (hors UE, sans convention fiscale)

La part déductible : un mécanisme souvent oublié

Aux taux de 6,6 % et 8,3 %, une fraction de la CSG est déductible du revenu imposable. Concrètement : sur 8,3 % prélevés, 5,9 points viennent diminuer votre base imposable l’année suivante. Ce mécanisme allège l’impôt sur le revenu sans que vous n’ayez rien à faire — votre caisse de retraite le signale directement à l’administration fiscale.

En revanche, la CSG au taux réduit de 3,8 % n’est pas déductible. Un paradoxe apparent : les retraités les moins aisés (taux réduit) ne bénéficient pas de l’avantage fiscal dont profitent ceux au taux normal. La logique est que ces retraités sont souvent non imposables, donc la déductibilité n’aurait de toute façon aucun effet.

✅ À retenir

CSG déductible = taux 6,6 % ou 8,3 % uniquement. À 3,8 % et 0 %, aucune déduction. La CRDS et la Casa ne sont jamais déductibles, quel que soit votre taux.

Comment vérifier et contester son taux de CSG ?

Lire son bulletin de pension

Chaque bulletin de pension mentionne le taux de CSG appliqué ce mois-là. Si vous venez de passer un seuil de revenus (suite à une vente immobilière, un héritage, ou simplement une revalorisation de pension), votre caisse peut appliquer un nouveau taux sans vous prévenir explicitement. Comparez votre bulletin actuel avec celui de janvier dernier.

1
Récupérez votre avis d’imposition 2024
Repérez la case « Revenu fiscal de référence » en bas de page — c’est ce chiffre qui détermine votre taux 2026.
2
Comparez aux seuils officiels 2026
Dès leur publication (généralement en décembre), vérifiez si votre RFR vous place dans la bonne tranche.
3
Contactez votre caisse si le taux est erroné
En cas d’erreur, la caisse peut rembourser le trop-perçu sur les 3 dernières années. Le délai de prescription court vite.

Le dispositif de lissage

Un retraité qui bascule d’un taux à un autre en cours d’année bénéficie d’un mécanisme de lissage. Si votre RFR dépasse un seuil pour la première fois, le taux supérieur ne s’applique que l’année suivante — pas immédiatement. Ce filet existe pour éviter les effets de seuil brutaux, notamment pour les personnes dont les revenus fluctuent d’une année sur l’autre à cause de revenus du patrimoine occasionnels.

Pour aller plus loin sur les Autres prélèvements sociaux et leurs interactions avec votre situation patrimoniale, certaines ressources spécialisées détaillent les cas particuliers que le régime général ne couvre pas toujours bien. Et si vous êtes travailleur indépendant ou entrepreneur, la question des charges sociales prend une autre dimension — L’enjeu stratégique des assurances pour les entrepreneurs en 2026 aborde ce sujet sous un angle différent mais complémentaire.

✅ Ce que la CSG finance directement ❌ Ce qu’elle ne couvre pas
• Assurance maladie
• Prestations familiales
• Solidarité autonomie (via Casa)
• Retraites futures (ce n’est pas une cotisation)
• Remboursement de médicaments spécifiques
• Dépenses de l’assurance chômage

⚠️ À garder en tête

Un changement de situation familiale (décès du conjoint, divorce) modifie le nombre de parts fiscales et peut faire varier votre RFR significativement d’une année sur l’autre. Anticipez cet effet sur votre taux de CSG — il peut aller dans les deux sens.

Questions fréquentes

Quel est le taux de CSG sur les retraites en 2026 ?

Il existe cinq niveaux de taux en 2026 : 0 % (exonération totale), 3,8 % (taux réduit), 6,6 % (taux médian) et 8,3 % (taux normal). Le taux applicable dépend du revenu fiscal de référence figurant sur l’avis d’imposition 2024. La majorité des retraités imposables supportent le taux de 8,3 %, auquel s’ajoutent 0,5 % de CRDS et 0,3 % de Casa, soit 9,1 % au total.

Comment savoir si je suis exonéré de CSG sur ma retraite ?

L’exonération totale s’applique si votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-2 est inférieur au seuil bas du barème et que vous n’êtes pas soumis à l’impôt sur le revenu. Ces deux conditions sont cumulatives. Consultez votre avis d’imposition : le RFR figure en bas de page. Votre caisse de retraite applique le taux automatiquement, mais vous pouvez contester si le montant vous semble incorrect.

La CSG prélevée sur ma pension est-elle déductible des impôts ?

Partiellement. Si votre taux de CSG est de 6,6 %, une fraction de 4,2 % est déductible de votre revenu imposable. Au taux de 8,3 %, la fraction déductible est de 5,9 %. En revanche, la CSG au taux réduit de 3,8 % n’est pas déductible du tout. La CRDS (0,5 %) et la Casa (0,3 %) ne sont jamais déductibles, quel que soit votre situation.

Quelle différence entre la CSG et la CRDS sur les pensions de retraite ?

La CSG (taux variable selon les revenus : 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %) finance la Sécurité sociale au sens large. La CRDS (0,5 %, fixe) a été créée en 1996 pour rembourser la dette accumulée de la Sécurité sociale. Les deux sont prélevées à la source sur les pensions. Seule différence notable : les retraités totalement exonérés de CSG le sont aussi de CRDS.

Mon taux de CSG peut-il changer en cours d’année ?

En principe non, grâce au mécanisme de lissage : si votre revenu fiscal de référence franchit un seuil pour la première fois, le nouveau taux ne s’applique qu’à partir de l’année suivante, pas immédiatement. Toutefois, si votre caisse de retraite reçoit de nouvelles informations fiscales en cours d’année (redressement fiscal, par exemple), elle peut ajuster le taux. Dans ce cas, vous recevez une notification.

Les pensions de réversion sont-elles soumises à la CSG ?

Oui. Les pensions de réversion sont considérées comme des revenus de remplacement et soumises à la CSG selon les mêmes règles que les pensions de droit propre. Le taux dépend du revenu fiscal de référence du bénéficiaire (le conjoint survivant), calculé sur l’ensemble de ses revenus — y compris l’éventuelle pension personnelle et les revenus du patrimoine.